Qu’est ce qu’une eau minérale et thermale ?

Généralités sur les eaux minérales et thermales

L’eau minérale est une eau naturelle microbiologiquement saine. L’eau minérale naturelle provient d’une nappe ou d’un gisement souterrain exploité à partir d’une ou plusieurs émergences naturelles ou forées constituant la source  .
Elle témoigne d’une stabilité de ses caractéristiques essentielles, notamment de composition (teneur en minéraux, oligoéléments, etc.) et de température à l’émergence, qui n’est pas affectée par le débit de l’eau prélevée. Elle se distingue des autres eaux destinées à la consommation humaine :

  • par sa nature (caractérisée par sa teneur en minéraux, oligoéléments ou autres constituants),
  • par sa pureté originelle, l’une et l’autre caractéristiques ayant été conservées intactes en raison de l’origine souterraine de cette eau qui a été tenue à l’abri de tout risque de pollution. Ces caractéristiques doivent avoir été appréciées sur les plans géologique et hydrogéologique, physique, chimique, microbiologique et, si nécessaire, pharmacologique, physiologique et clinique.
    Représentation schématique du circuit hydrominéral d'un gisement (Ladouche B., Négrel P., Vigouroux. P., BRGM) - JPEG - 84.6 ko
    Représentation schématique du circuit hydrominéral d’un gisement (Ladouche B., Négrel P., Vigouroux. P., BRGM)
    Trois zones distinctes constituent le gisement : la zone d’impluvium, la zone de transit et la zone des émergences.

    Ce n’est pas seulement la composition chimique constante qui permet de définir clairement une eau minérale pour l’utilisation dans les stations thermales. L’eau doit être douée de certaines propriétés bénéfiques à la santé reconnues par l’Académie nationale de médecine pour être qualifiée d’eau minérale naturelle. Beaucoup d’eaux, plus ou moins riches en sels minéraux, ne sont pas classées « eau minérale » pour autant.
    Naturellement, par suite de la présence de sels minéraux à des teneurs qui dépassent les normes, beaucoup d’eaux minérales ne sont pas potables, au sens de l’alimentation courante du public : ce sont en fait des médicaments, aux vertus thérapeutiques reconnues par l’Académie de Médecine. Elles peuvent dépasser diverses normes concernant les sels dissous, au point de ne pas devoir être consommées exclusivement et de manière durable comme eau de boisson (J.-J. Collin, 2004).

La dénomination « eau thermale » ne répond pas à une définition précise. Certains auteurs réservent cette appellation aux eaux chaudes dont la température excède 35 °C. Mais dans le langage courant, on appelle fréquemment « eau thermale » toute eau utilisée dans un établissement de soin et ce, quelle que soit sa température.

Réglementation

Depuis l’abrogation le 22 juin 2000 et le 21 mai 2003 des anciens textes qui fournissaient le cadre réglementaire pour l’exploitation et la protection des eaux minérales naturelles en France, les eaux minérales naturelles sont définies aux articles R.1322-2 et R1322-3 du code de la santé publique.
La réglementation concernant la mise en œuvre des dispositions contenues aux articles R. 1321-1 à R. 1324-6 du code de la santé publique a été simplifiée et définie en 2008 avec le circulaire n° DGS/EA4/2008/30 du 31 janvier 2008 relative à la sécurité sanitaire des eaux minérales.

Protection des sources d’eaux minérales

Les sources d’eaux minérales peuvent être déclarées d’intérêt public (DIP), après enquête. Un périmètre de protection   peut être assigné à une source   déclarée d’intérêt public.
Les eaux minérales font parfois un circuit jusqu’à 5 kilomètres de profondeur, ce qui les protège de la pollution, mais elles ne sont pas exemptes de tout problème. Le danger se trouve à l’émergence de la source   car les sources exploitées sont souvent insérées dans un tissu urbain. Pour éviter le risque de pollution, on définit des périmètres de protection en surface dits « périmètres sanitaires d’émergence ». La quasi interdiction de traiter l’eau nécessite de toujours protéger la qualité de la ressource pour assurer la pérennité d’exploitation de cette richesse patrimoniale.

Définition des eaux de source  

Les eaux dites de « source   » font partie d’une autre catégorie. Malgré leur dénomination, elles sont souvent captées par forage  . C’est une eau d’origine souterraine. Une eau de source   est exploitée par une ou plusieurs émergences naturelles ou forées. Elles ne sont pas reconnues sur la base de propriétés thérapeutiques, mais sur des critères de potabilité (en l’absence de tout traitement).
Les eaux de source   conditionnées sont définies à l’article R.1321-84 du code de la santé publique. « A l’émergence et au cours de la commercialisation, elle respecte ou satisfait les limites ou références de qualité, portant sur des paramètres microbiologiques et physico-chimiques, définies par arrêté des ministres chargés de la consommation et de la santé. »

Bibliographie

  • Aquifères et eaux souterraines   en France, Collectif sous la direction de Jean-Claude Roux, BRGM Éditions, 2006.
  • Les eaux souterraines  , connaissance et gestion, Jean-Jacques Collin, BRGM Éditions et Hermann,2004.
  • Les eaux souterraines   en France, Collection Les enjeux des Géosciences, BRGM Éditions, 2009.
  • Vigouroux P. (1999) - Atlas des périmètres de protection des sources d’eau minérale en France. Rapport BRGM/RR-40466-FR, 270 p., 2 vol., 38 cartes.
  • Vigouroux Philippe (2005) - Guide qualité pour la ressource en eau minérale et thermale. BRGM Éditions : Collection scientifique et technique.

Revenir en haut

Eaux minérales et thermales